Abrégé de secourisme – Dr Thomas Hervé
Après avoir complété le bilan des fonctions vitales, les autres gestes de survie adaptés à l'état de la
victime sont pratiqués, dont l'oxygénothérapie systématique.
6.4. Fracture de côtes et volet thoracique
La ventilation n'est efficace que lorsque la paroi thoracique est rigide. La fracture de côtes n'altère
pas cette rigidité mais peut, à cause de la douleur, gêner la ventilation profonde et, en limitant toux,
favoriser un encombrement pulmonaire.
Le risque le plus grave est lié au volet thoracique: il s'agit d'un enfoncement du thorax qui, en cassant
plusieurs côtes à plusieurs niveaux, désolidarise du gril thoracique une partie plus ou moins grande
de la paroi (le volet peut être latéral, antérieur). Soumis à des contraintes différentes, le volet peut
devenir mobile et avoir des mouvements contraires au reste du thorax: il s'enfonce à l'inspiration et
est repoussé vers l'extérieur à l'expiration. Ce balancement, appelé respiration paradoxale, est très
dangereux pour la qualité de la ventilation car il limite les volumes respirés.
On peut tenter de stabiliser un peu la lésion en effectuant un bandage serré du thorax (en position
demi-assise si la victime est consciente) ou en couchant la victime du côté du volet. On ne manquera
pas, bien sûr, de l'oxygéner à fort débit pour limiter les effets de la diminution des volumes ventilés.
Mais ce type de lésion justifie en général l'intervention des secours médicalisés.
6.5. Plaie thoracique soufflante
La ventilation n'est efficace que lorsque la paroi thoracique est hermétique. Une plaie thoracique
pénétrante causée par un objet contondant, un projectile, peut créer une brèche dans les structures
du poumon (alvéoles, bronches). La plaie laisse alors passer de l'air à chaque mouvement
ventilatoire (sous forme de bulles sanguinolentes le plus souvent) d'où son nom de plaie soufflante.
On ne doit pourtant pas boucher cette plaie: cela n'arrête pas le passage de l'air à travers la plaie
pulmonaire interne et la fuite risque de créer une dangereuse poche d'air à l'intérieur du thorax (cf.
chapitre suivant). L'oxygénation du blessé est primordiale en attendant l'action des secours
médicalisés.
6.6. Épanchement intra-thoracique
Chaque poumon est entouré d'une enveloppe spéciale, la plèvre, qui l'aide à glisser contre la paroi
quand il change de volume au cours du cycle ventilatoire (inspiration et expiration). Dans certaines
circonstances, de l'air peut passer entre les feuillets de cette enveloppe et créer une poche d'air qui,
en gonflant, va gêner les mouvements du poumon et peut être à l'origine d'une détresse ventilatoire :
c'est le pneumothorax.
Une telle fuite d'air peut se produire lors d'un traumatisme thoracique (même sans plaie apparente),
d'une plaie soufflante, d'un accident de plongée avec surpression de l'air à l'intérieur des voies
respiratoires. Elle peut aussi se produire en dehors de tout accident (pneumothorax spontané) : le
diagnostic est alors médical (auscultation, radiographie).
Le rôle du prompt secours est là encore limité mais important: il doit oxygéner la victime en position
demi-assise en attendant, s'il existe des signes de détresse, l'arrivée des secours médicalisés.
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