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La salle de réunion a, quant à elle, pour fonction de placer chaque participant dans une proximité
spatiale et temporelle permettant de percevoir l'ensemble de ce qui se déroule. Propos, gestuelle,
atmosphère, mimiques, écrits... elle est un lieu de convergence et d'interaction où se reconstitue
la sensation d'appartenance à quelque chose, où se manifeste l'esprit, l'ambiance, conflictuels,
amicaux, studieux, peu importe... du collectif dans lequel on est inscrit, même provisoirement.
L'objet de la salle de réunion est de favoriser l'intelligence collective par le moyen de son
architecture spatiale.
Caractéristiques de l'intelligence collective originelle
Quels phénomènes observe-t-on dans les exemples précédents ? Trop nombreux pour en faire ici
une exploration exhaustive, citons-en quelques uns parmi les plus significatifs. Ils nous offrent déjà
suffisamment de grain à moudre pour comprendre sept grands principes que voici :
1. Un Tout émergeant : chaque groupe de jazz, chaque équipe de sport, chaque équipe de
travail possède un caractère, un style, un esprit différents auxquels nous nous référons,
comme s'il s'agissait d'une seule individualité… Notons que plus ce Tout est manifeste, plus il
souligne implicitement la réussite du groupe en tant que tel.
2. Un espace "holoptique" : la proximité spatiale offre à chaque participant une perception
complète et sans cesse réactualisée de ce Tout. Chacun, grâce à son expérience et expertise,
s'y réfère pour anticiper ses actions, les ajuster et les coordonner avec celles les autres. Il
existe donc un aller-retour incessant, qui fonctionne comme un miroir, entre les niveaux
individuel et collectif. Nous nommerons holoptisme l'ensemble de ces propriétés, à savoir la
transparence "horizontale" (perception des autres participants) à laquelle s'ajoute la
communication "verticale" avec le Tout émergeant du collectif. Dans les exemples évoqués
plus haut, les conditions de l'holoptisme sont fournies par l'espace 3D ; ce sont nos sens et
organes naturels qui servent directement d'interfaces. Notons que le rôle d'un coach, ou d'un
observateur, consiste à favoriser la condition de l'holoptisme.
3. Un contrat social : qu'il s'agisse d'harmonique musicale, de règles du jeu ou de législation du
travail, le collectif est fondé autour d'un contrat social, tacite ou explicite, objectif ou subjectif,
souvent les deux à la fois, accepté et mis en scène par chacun des participants. Le contrat
social porte non seulement les valeurs et les règles du groupe, mais également sa raison
d'être, donc son inscription dans le futur.
4. Une architecture polymorphe : la cartographie des relations entre les participants se
réactualise sans cesse en fonction des circonstances, des expertises, de la perception de
chacun, des tâches à accomplir, des règles définies par le contrat social. Elle se magnétise
autour des expertises, chaque expert (reconnu comme tel par le groupe) prenant tour à tour le
"lead" au fil des besoins. Dans une équipe de sport par exemple, l'ailier droit mène la danse
lorsque la balle circule dans sa surface. C'est lui l'expert, le leader de l'instant. Cela ne
l'empêchera pas d'aller jouer les gardiens de buts si la situation l'exige.
5. Un objet-lien en circulation : comme l'explique fort bien Pierre Lévy dans un article intitulé
"Les objets de l'Intelligence Collective" (1994), "Les joueurs font du ballon à la fois un index
tournant entre les sujets individuels, un vecteur qui permet à chacun de désigner chacun, et
l’objet principal, le lien dynamique du sujet collectif. On considérera le ballon comme un
prototype de l’objet-lien, de l’objet catalyseur d’intelligence collective.2" Mélodie, ballon, objectif,
"objet" de la réunion… nul doute que l'intelligence collective originelle se construit dans la
convergence des individualités vers un objet collectivement poursuivi, que cet objet soit
matériel ou symbolique (un projet par exemple). Quand ils appartiennent à l'espace
symbolique, il est absolument nécessaire que ces objets soient clairement identifiés dans leur
nombre et qualité par chaque participant du groupe, sinon cela mène à ces situations floues
typiques que chacun a déjà vécu plus ou moins douloureusement.
2 Voir http://www.thetransitioner.org/wikifr/tiki-read_article.php?articleId=4
Copyleft 2004 - Jean-François Noubel – jf TheTransitioner.org page 8
Intelligence_Collective_Revolution_Invisible_JFNoubel.odt
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